Avec le retour des beaux jours, les prairies verdissent et l’herbe de printemps devient particulièrement appétente pour les chevaux. Si cette période est souvent synonyme de plaisir pour eux, elle n’est pas sans conséquence sur leur santé. Comprendre ce que cette herbe apporte… et les risques qu’elle comporte, est essentiel pour bien gérer son cheval au printemps.
Une herbe riche et très appétente
Une croissance rapide et concentrée
Au printemps, l’herbe pousse rapidement grâce à l’humidité et à la lumière. Elle est alors jeune, tendre et particulièrement riche en nutriments. Cette phase de croissance rend l’herbe très différente de celle que l’on retrouve en été.
Une forte teneur en sucres
L’herbe de printemps contient beaucoup de sucres solubles, notamment des fructanes. Ces sucres sont produits par la plante grâce à la photosynthèse et peuvent être présents en grande quantité, surtout lors des journées ensoleillées suivies de nuits fraîches.
Une appétence élevée
Les chevaux sont naturellement attirés par cette herbe fraîche. Ils peuvent en consommer de grandes quantités en peu de temps, parfois bien au-delà de leurs besoins.
Les bénéfices pour le cheval
Un apport nutritionnel de qualité
L’herbe de printemps est riche en vitamines, minéraux et énergie. Elle peut contribuer à améliorer l’état général du cheval, notamment après l’hiver.
Un impact positif sur le moral
Le retour au pré et l’accès à une herbe abondante participent au bien-être du cheval. Il retrouve un comportement plus naturel, avec plus de liberté de mouvement et d’occupation.
Une amélioration de l’état corporel
Chez certains chevaux amaigris pendant l’hiver, l’herbe de printemps permet de reprendre rapidement de l’état.
Les risques liés à l’herbe de printemps
Le risque de fourbure
La richesse en sucres peut provoquer des troubles métaboliques, notamment chez les chevaux sensibles (poneys, chevaux en surpoids, sujets prédisposés). La fourbure est l’un des risques majeurs de cette période.
Les troubles digestifs
Un changement brutal d’alimentation, passant du foin à une herbe très riche, peut entraîner diarrhées, coliques ou déséquilibres digestifs.
Une prise de poids rapide
L’abondance d’herbe peut entraîner une surcharge pondérale en quelques semaines, surtout chez les chevaux peu actifs.
Les chevaux les plus à risque
Les poneys et races rustiques
Ces chevaux ont une grande capacité à valoriser les aliments. Ils sont donc particulièrement sensibles aux excès d’herbe riche.
Les chevaux en surpoids
Un cheval déjà en état d’embonpoint est plus exposé aux troubles métaboliques liés à l’excès de sucres.
Les chevaux ayant déjà fait une fourbure
Chez ces chevaux, la vigilance doit être maximale, car le risque de récidive est important.
Comment gérer l’accès à l’herbe au printemps
Une transition progressive
Il est préférable d’introduire l’herbe progressivement, en augmentant le temps de pâturage sur plusieurs jours ou semaines.
Limiter le temps au pré
Restreindre l’accès à l’herbe (quelques heures par jour au début) permet de contrôler les apports.
Adapter les horaires
L’herbe est souvent plus riche en sucres en fin de journée. Privilégier les sorties le matin peut être une solution pour limiter les risques.
Surveiller l’état du cheval
Observer l’état corporel, le comportement et la locomotion permet de détecter rapidement un problème.
Observer son cheval pour s’adapter
Les signes à surveiller
Une prise de poids rapide, une raideur, une sensibilité des pieds ou des troubles digestifs doivent alerter.
Adapter la gestion au cas par cas
Chaque cheval est différent. Certains tolèrent très bien l’herbe de printemps, d’autres nécessitent une gestion plus stricte.
L’importance de l’anticipation
Mieux vaut prévenir que corriger : adapter l’accès à l’herbe dès les premiers jours du printemps est souvent la clé.
💬 Conclusion
L’herbe de printemps est une ressource précieuse pour le cheval, à la fois riche et bénéfique. Mais cette richesse implique aussi une gestion attentive pour éviter les déséquilibres. En observant son cheval et en adaptant progressivement son accès au pré, il est possible de profiter pleinement des avantages de cette période tout en limitant les risques.
Dans le programme officiel des Galops, la nutrition équine est abordée progressivement.
Aux niveaux Galop 1 à 3, le cavalier découvre les bases : rôle du foin et de l’herbe, de l’eau et des aliments simples.
Aux Galops 4 et 5, les notions s’approfondissent avec le rationnement, l’influence du travail et du mode de vie.
Aux Galops 6 et 7, on attend une compréhension globale de l’équilibre alimentaire, des risques liés aux erreurs de nutrition et de l’impact de l’alimentation sur la santé et les performances.
Ces connaissances permettent au cavalier de devenir plus autonome et plus responsable dans la gestion quotidienne de son cheval.
